Courrier d’un adhérent adressé à Monsieur DURON

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Courrier d’un adhérent au Président de la « commission mobilité 21 » qui n’entend pas laisser faire sans réagir.

 

 

 

Oisème le 25 Février 2013

Monsieur Marc BLANC
28300 – GASVILLE-OISEME

Monsieur Philippe DURON
Député Maire de Caen
Assemblée Nationale
126, Rue de l’Université
75355 – PARIS 07 SP
 

Objet : Aménagement des RN 154 et RN 12

Monsieur le Député Maire,

 Permettez-moi de m’adresser à vous en tant que Président de la Commission « Mobilité 21 » du SNIT et vous présenter mon point de vue, différent de celui de Monsieur le Préfet et des responsables politiques Euréliens, sur le projet de mise en concession des RN 154 et RN 12 entre Nonancourt et Allaines.

 Avant cela laissez-moi vous rappeler l’historique de cette liaison qui ne s’arrête pas aux portes de l’Eure et Loir : la Normandie, a créé une 2 X 2 voies aux normes autoroutières de 53 kilomètres dans des zones vallonnées (du Val de Reuil à Nonancourt), en 13 ans, soit 4 kilomètres par an ; la Région Centre, a réalisé une opération moindre (aménager une route – en grande partie existante – en 2 X 2 voies aux normes « voies rapides ») d’une quarantaine de kilomètres en plaine en vingt ans, soit deux kilomètres par an ; la voie Normande resterait (à preuve du contraire) gratuite quand celle Eurélienne serait (à priori) soumises à péage.

 Le principal but de ce projet devrait être de résoudre les problèmes de circulation en Eure et Loir et s’est-on demandé si cette solution était la mieux appropriée ?

 En se basant sur l’iconographie de la page 14 du dossier de concertation édité par la DREAL Centre en septembre 2012 précisant le trafic tronçon par tronçon de cet itinéraire, on peut se poser la question :

 D’après ce document il y aurait 40 % des véhicules (soit environ 5.000) qui traverseraient ce territoire.

 Le secteur Nonancourt / Dreux supporte également les usagers (plus de 13.000) de la RN 12 se dirigeant vers Alençon ; sans qu’il le soit préciser, on peut déduire qu’il y a une dizaine de milliers de véhicules qui viennent de Dreux pour se diriger vers Evreux (5.000 + 13.000 + 10.000 = 28.000 => le trafic Dreux / Nonancourt).

 Il est certain qu’il faut détourner la circulation de transit du centre de St Rémy-sur-Avre mais quelle part des automobilistes serait disposée à payer pour éviter cette agglomération et quelle part le refuserait ?

 La RN 12 supportant donc aussi des flux Ile de France – Normandie, l’état et ces deux régions ne devraient-ils pas contribuer à la réalisation de ce contournement ?

 Il est certain que ce genre de montage financier est plus compliqué que de laisser un concessionnaire terminer un projet bien avancé sur fonds publiques en transformant à moindre coût une route nationale en autoroute à péage.

 Plus loin, les 20.000 véhicules « locaux » de Dreux ne seraient pas concernés par cette dernière.

 Le trajet Dreux / Chartres, avec celle-ci, l’ancien tracé retrouverait un nombre de circulations proche de celui qu’il supportait avant l’aménagement de la RN 154 en 2 X 2 voies pour deux raisons : avec la suppression des bretelles d’accès intermédiaires plusieurs centaines d’automobilistes seraient contraints d’utiliser l’itinéraire de substitution et le coût du péage pour rallier ces deux villes dissuaderait une certaine part des 10.000 usagers (16.000 – 5.000) de l’emprunter.

 Il n’est pas évident qu’un contournement par l’est de Chartres décongestionnerait sa rocade sud car, avec plus de 30.000 trajets « locaux » (36.000 – 5.000), il y aurait toujours une circulation intense sur cet itinéraire.

 Enfin, tout comme pour les liaisons Nonancourt / Dreux et Dreux / Chartres, les communes situées sur l’ancien itinéraire Chartres / Allaines retrouveraient, sans doute, une part des 4.300 véhicules autochtones (9.300 – 5.000).

 A contrario, en prenant pour hypothèse que cette liaison continuerait à être une route nationale, il resterait à réaliser sur fonds publiques :

  • Le contournement de St Rémy sur Avre donc.

  • Le contournement de Dreux (servant surtout pour une desserte locale).

  • La finalisation du contournement de Lèves (déjà prévu en 2 X 2 voies bien qu’aménagé en 2 X 1 voie).

  • Un troisième contournement de Mainvilliers s’en éloignant le plus à l’ouest possible pour décharger les deux existants (l’un urbain à 2 X 2 voies avec des feux tricolores et l’autre de dégagement à 2 X 1 voie).

  • Trois passages supérieurs sur la rocade de Chartres (qui se substitueraient aux ronds-points des routes du Mans, d’Illiers-Combray et de Tours) pour fluidifier son flux aussi bien intra qu’extra local.

  • Trois tronçons nouveaux : l’un de la rocade de Chartes à Prunay-le-Gillon, un deuxième de Allonnes à Ymonville et un dernier de cette commune jusqu’à l’autoroute A 10.

Si cela ne changerait pas grand-chose à l’état actuel de l’intensité du trafic sur la rocade à l’ouest et au sud de Chartres cela en améliorerait les déplacements tant périurbains que de transits ; une circulation fluide est moins bruyante et moins polluante que celle ralentie par des ronds-points ce qui serait tout de même bénéfique pour les riverains ; cette solution permettrait aussi à un plus grand nombre d’automobilistes de l’utiliser.

Par ailleurs la réalisation de l’option « Est Rapprochée » serait très couteuse d’autant que la cartographie publiée page 19 par la DREAL Centre a omis (involontairement, j’espère, n’osant penser que cela l’a été sciemment pour minimiser le montant des investissements à réaliser) certains points critiques qu’elle devrait surmonter.

 Par exemple : la traversée de la vallée de l’Eure (y compris sa zone humide) longée par la ligne de chemin de fer Paris-Chartres au trafic intense, puis à moins de 100 mètres de ce futur axe se trouve un collège de cinq cents élèves construit au milieu des champs il y a une quinzaine d’années, ensuite il y a le passage de l’A11 (au droit d’un péage) qui fait une grande courbe pour éviter l’agglomération Chartraine (le long de laquelle d’ailleurs une aire des gens du voyage est en cours d’installation), juste après celui de la RN 10 et enfin le contournement sur plusieurs kilomètres d’une zone industrielle en pleine expansion avant de rejoindre la RN 154 au sud de Chartres.

 Est-ce un hasard ou non mais le nom d’une commune – Gasville-Oisème – de 1.500 âmes pourtant, n’apparaît pas sur cette carte (pour, parait-il, une meilleure lisibilité !) alors qu’il y a déjà à sa proximité immédiate l’A 11 ?

 Il faut que vous sachiez que plus d’une trentaine de terrains doivent y être commercialisés dans les toutes prochaines semaines (à quelques centaines de mètres en contre bas de l’éventuel croisement des deux autoroutes).

 On voudrait piper les dés pour orienter Monsieur le Ministre ou votre commission dans un sens plutôt que dans un autre que l’on ne pourrait pas s’y prendre mieux.

 Laisser cette liaison dans le giron des collectivités a un coût, mais elles y ont déjà réalisé tant d’investissements, sans compter ceux qui devront l’être pour leur mise aux normes autoroutières, que l’on peut déduire que les contribuables auront été énormément sollicités avant qu’un concessionnaire n’en prenne possession alors que cela ne résoudrait que très partiellement les problèmes de circulation en Eure et Loir en prenant en compte ceux qui ne pourraient matériellement pas l’emprunter et ceux qui ne voudraient pas s’acquitter d’un péage.

 D’ailleurs pourquoi les usagers Euréliens, contrairement à ceux Normands, devraient payer trois fois cette liaison : une fois lors de l’aménagement des sections à 2 X 2, une deuxième fois pour leur mise aux normes autoroutières et une troisième fois par le péage (direct ou indirect via des subventions de la Région auprès du concessionnaire) ?

 Il va de soi que je reste à votre disposition et à celle de votre commission, sinon pour vous guider le long de ce projet, du moins pour vous apporter les éléments complémentaires dont vous auriez besoin sur celui-ci avant de remettre votre rapport à Monsieur le Ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche, car, vous l’aurez compris, je m’y suis penché avec une grande attention en essayant d’être le plus impartial possible.

 Enfin si un concessionnaire estimait que l’intensité du trafic Rouen / Orléans était assez rentable pourquoi ne pas le laisser étudier, réaliser et gérer une liaison directe Nonancourt / A10 (au niveau de l’échangeur avec l’A19) ? 

Veuillez agréer, Monsieur le Député-Maire, l’expression de mes salutations distinguées.

Marc BLANC

 

 Réponse de Monsieur Philippe DURON à Monsieur Marc BLANC :

 

Image Courrier du Président du Comité 21

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Vos avis et commentaires...

  1. Bravo pour la lettre objective et réaliste qui permettra à la Commission Mobilité 21 d’avoir un regard plus éclairé de la situation.

  2. Un grand merci à Mr Blanc pour son étude affinée et son initiative d’écrire au Présisent de la commission « mobilté 21 », Député-Maire. Je lui transmets tout mon soutien.

    Sophie BRUNEAU
    Mainvilloise, opposée au projet autoroutier depuis toujours et usager de la RN 154 Chartres/Allaines.

  3. Je serais très heureux d’apprendre que votre lettre soit prise en compte.
    Depuis cinq ans que je suis ce dossier je me suis formé l’opinion que toutes les communications et enquêtes publiques à ce propos n’étaient que de la poudre aux yeux; que le projet est « plié » depuis très longtemps.
    Quelle suggestions ont été retenues?
    Il me reste un espoir c’est que cet état de fait soit dû à des raisons valables inaccessibles au grand public et non à des intérêts personnels
    Soyez remercié pour votre action

    • Merci à Monsieur BLANC pour son étude très poussée et aux remarques que vous avez apportées. Vous pouvez consulter la conférence de presse qu’à tenue Monsieur Philippe DURON, président de la commission « Mobilité 21 » qui étudie la hiérarchisation des grands projets et leur faisabilité, le 21 février 2013.
      sur le site http://www.philippeduron.fr