Lettre ouverte…

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Lettre ouverte adressée par l’ASCVEG à Messieurs Duron, Gorges, Hamel et tous leurs amis élus.

(Lettre ouverte extraite de ASCVEG INFOS Mars 2018)

 

Messieurs,

Depuis de nombreuses années, j’ai mal à ma démocratie…

Depuis de nombreuses années que je me bats contre ce projet de privatisation de la RN 154 et je suis ébahi du peu de considération qui est accordé aux concitoyens.
Sans refaire un historique de cette lutte, voici quelques éléments, lors du débat public 2010, les conclusions étaient tout à favorables aux associations contre la mise en concession, mais au mois de juin, M. Borloo, alors ministre, sort un décret l’autorisant…
En 2012, après l’élection du président Hollande, la commission « Mobilité 21 » est créée, elle devait hiérarchiser les différents projets d’infrastructures de transports laissés par l’ancien Gouvernement. En effet, au regard du contexte économique et de l’argent l’État, il fallait prioriser et classer tous ces projets. La commission a défini 3 groupes, le premier à réaliser entre aujourd’hui et 2030, le second entre 2030 et 2050, le troisième au-delà de 2050. Son verdict mettait la déviation de Nonancourt en scénario 1 (2013/2030), et reportait la mise en concession en scénario 2 (2030/2050)… Le même jour, les grands élus d’Eure-et-Loir sont vent debout contre les conclusions du rapport et, à la surprise générale, le président de la région Centre, M. Bonneau, jusque-là opposé à l’autoroute, change d’avis et demande un rendez-vous au ministre des Transports, pour relancer le projet.

En fin 2016, une enquête d’utilité publique ouverte; malgré 75 à 80%, des avis exprimés contre la mise en concession, les rapporteurs concluent à son utilité publique, avec 2 réserves…
En 2017, après l’élection du président Macron, les « Assises de la mobilité » sont mises en place; au travers de la France une réflexion est organisée autour de la mobilité au quotidien. Le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) est mis en place présidé par M. Duron qui finit par préconiser une mise en concession entre 2023 et 2027…

Monsieur Duron, on peut se demander ce qui a changé entre 2012 et la commission « Mobilité 21 », dont vous étiez le président, et 2018 et le COI, dont vous étiez aussi le président ???

Monsieur Duron, dans votre rapport, dites que c’est un projet très ancien… Effectivement, les premières ébauches datent du début des années 1970. S’il est vrai qu’à cette époque, celle des « Trente glorieuses », nous étions en pleine société de consommation, on peut imaginer que quarante-cinq ans plus tard, les habitudes ont changé et que les mentalités ont évolué. Aujourd’hui ce projet est dépassé, rétrograde et archaïque.

Monsieur Duron, dans votre rapport, vous nous dites que le coût de ce projet n’est que de 900 M d’€ (aujourd’hui… demain 1 Milliard, 1 milliard 2…) et que ce n’est pas beaucoup.
Cela correspond à la construction de 60 collèges ou aux salaires de 3.750 aides-soignantes en EPHAD pendant 10 ans.
Peut-être que cet argent pourrait être mieux utilisé ???

Monsieur Gorges, dans « Votre Agglo » de février 2018, vous nous présentez une carte de France avec tous les tracés autoroutiers Sud-Nord en arguant que le chaînon manquant est la 154 dans la traversée de L’Eure et Loir… Vous avez tout simplement oublié, dans votre carte, la A 28 reliant Tours à Rouen en passant par Le Mans et Alençon, qui est la parallèle parfaite à la RN 154.

Monsieur Gorges, vous nous dites qu’il faut rendre possible la continuité du réseau autoroutier entre la Normandie et le sud de la France, un péage entre La Madeleine-de-Nonancourt et Louviers ne ferait-il pas partie de la corbeille de la mariée du futur concessionnaire ?

Monsieur Gorges, comme M. Duron, vous nous dites que c’est un vieux projet et qu’il ne faut pas oublier les vies perdues sur le ruban de la 154. Depuis qu’elle est en 2×2 voies, l’accidentologie a considérablement diminué, mais si l’autoroute se finalise, les reports de circulation sur les itinéraires de substitution augmenteront les risques d’accidents dans les petites communes (comme au Boullay-Mivoye avant la 2×2 voies). Êtes-vous prêts à assumer ce risque devant vos concitoyens ?

Monsieur Gorges, vous vous dites atterré de la position de cet élu arrivé (M. Kasparian, Député de Chartres, LREM), moi je suis atterré du manque de considération que vous montrez pour tous vos concitoyens et des contrevérités que vous leur assénez.

Monsieur Hamel, vous nous avez dit le 20 février 2007, lors d’une réunion publique, à la mairie de Garnay, que ce projet de mise en concession autoroutière était un projet d’État et qu’aucun élu n’y était pour rien, alors que dès 2006, M. Cornu annonçait que la liaison Chartres-Allaines devrait devenir autoroutière et assurer ainsi la continuité avec l’A10.
Alors pourquoi tant de lobbying auprès de l’État, comme en 2012 auprès de M. Cuvilliers, alors ministre des Transports, arguant qu’il n’y avait que peu d’opposition locale.

Monsieur Hamel, le 24 avril 2017, au Conseil communautaire, vous avez fait voter l’acquisition d’un peu plus de 58 hectares sur la commune de Marville-Moutiers-Brûlé à 12.000 € l’ha, alors qu’il vaut entre 5 et 6.000 € l’ha.
Quel agriculteur aura les moyens de les racheter et qui paiera la différence ?

Monsieur Hamel, depuis des années vous nous serinez que la mise en concession autoroutière amènera un essor économique pour le pays drouais !!! Si les autoroutes amenaient un tel essor, cela se saurait. Combien y-a-t-il de friches industrielles autour de Dreux ?
Au contraire, cet axe n’entraînerait qu’un peu plus un trafic Nord-Sud et Sud-Nord, sans bénéfice pour notre contrée. En plus, tous les villages qui le borderont, sans entrée ni sortie sur cet axe, seront de plus en plus appauvris.

Messieurs Duron, Gorges, Hamel, Marleix, Riehl et tous vos comparses avec ce projet, vous vous moquez vos concitoyens en leur promettant des choses fausses.
Votre axe, A 154, créera en Eure-et-Loir une véritable frontière entre l’Est qui sera assimilé au Grand Paris et l’Ouest qui restera du côté de la campagne.

D’autant plus qu’il existe un projet alternatif, nommé « Mob 28 ».

Messieurs, les Euréliens qui sont venus s’installer ici, depuis des dizaines d’années, ont fait le choix de vivre dans un milieu plus proche de la nature, meilleur pour leur santé et dans un environnement le plus sain possible.

Alors, Messieurs, respectez-nous…

Démocratiquement.

Yves Glayse pour l’ASCVEG

 

 

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Vos avis et commentaires...

  1. c’est a ne rien comprendre de la stratégie des politiciens!! Monsieur Gorges, souhaitait le rapprochement de l’Eure et Loir vers l’île de France ! ensuite un réseau chemin de fer en étoile depuis Chartres centre, vers la verte de champagne des villages du nouveau monde de l’agglo!!
    Mais aussi d’un tronçon d’autoroute « indispensable  » pour la A 154 Dreux Chartres!!
    demain un centre de loisirs d’environ 200 ha?? tout cela n’a rien de rassurant pour la protection de la nature et du milieu agricole.

  2. Le seul projet intelligent et le moins « pharaonique » doit passer par l’Ouest, comme il avait été pensé puis réalisé, à l’époque, par messieurs Desouches et Lelièvre.
    L’idée qui a prévalu a permis de conserver l’accès à Chartres par la Vallée de l’Eure, les routes de Gallardon, Coltainville, Gasville-Oisème, Champhol et son Monument historique, au travers d’un environnement de verdure et de qualité exceptionnelle, très apprécié des touristes, des randonneurs, des pèlerins, magnifié par Péguy, des habitants des communes environnantes pour se rendre à Chartres, à la Cathédrale reconnue la plus belle du monde, pour y prier et la visiter par plus d’un million de personnes par an.
    De plus, tous ceux qui empruntent ces routes découvrent la vue exceptionnelle et unique de la cathédrale à partir de 18 km de distance.
    C’est donc pourquoi le détournement de Chartres, via la rocade située à l’Ouest, doit permettre de relier la RN 154 à partir de son arrivée à proximité de Lèves jusqu’au premier rond-point qui permet à nouveau le raccordement de la RN 154 à la patrie Ouest de la rocade.
    Puis celle-ci arrivant sur le rond-point dit du Coudray rejoindra, ainsi en ligne droite, la 2 x 2 voies existante de la RN 154 à quelques kilomètres.
    Enfin, les habitués de ce tracé se réjouiront de la gratuité du parcours.