Notre communiqué de presse

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Suite aux dernières annonces dans la presse et via les réseaux sociaux, le « cadeau de Noël » aurait un goût amer, un cadeau qui pourrait coûter très cher aux euréliens.

À lire le communiqué de presse de la F.E.E.L. et SAINT-PREST et GASVILLE/OISÈME ENVIRONNEMENT

Communiqué

Nous prenons acte que de nouvelles promesses ont été faites par le gouvernement sur la mise en oeuvre effective de l’autoroute A154.

Les périodes électorales sont propices aux illusions! Les promesses n’engagent que ceux qui les croient!

La réalité est que, plus le temps passe, plus l’autoroute A 154 devient irréaliste.

Aux griefs que nous stigmatisons depuis des années (destruction de terres agricoles, destruction de paysages, coûts sous-évalués, faux calculs de rentabilité, risques pour la sécurité sur les voies de substitution, nuisances pour les riverains) les événements ajoutent de nouveaux problèmes qui rendent ce projet de plus en plus aberrant.

Ainsi, l’autoroute sera inondable à Tremblay-les-Villages, comme on l’a constaté en juin 2018 pendant 15 jours.

Mais surtout, la conversion du parc automobile et des poids-lourds à l’électricité oblige désormais à repenser tout le projet!

Nous invitons les élus à prendre connaissance des rapports établis sous l’égide du Ministère de la transition écologique et plus particulièrement les derniers rapports, publiés début novembre 2021 sur Le potentiel de l’autoroute électrique (ou Electric Road System ou ERS), qui sont le fruit d’un échange approfondi entre les intervenants concernés.

Il en résulte que l’A154 ne fait pas partie des autoroutes qu’il est prévu d’équiper en caténaires
permettant la circulation de camions électriques ; ils passeront, pour relier Rouen à Orléans, par l’A13 jusqu’à Rocquencourt, puis l’A12 et l’A10 :

Extrait de la fiche 1.1 (pages 44 et 45 du fichier)
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/GT1%20rapport%20final.pdf

De toutes ces études, il résulte également que :

  • On s’attend à une baisse de fréquentation sur les autoroutes de l’ordre de 25%,
  • Le coût d’équipement des voies autoroutières en caténaires permettant d’alimenter les
    camions est de 1,5 à 2,5 millions du kilomètre,
  • Des sommes importantes seront nécessaires pour créer ou agrandir les aires d’autoroute qui permettraient de recharger les voitures électriques, dont l’autonomie restera faible et les temps de recharges longs.

Qui donc va payer ces surcoûts ?

Se trouvera-t-il un concessionnaire assez fou pour se lancer dans un tel projet, et à quelles
conditions ?

Et à combien en réalité s’élèverait la subvention d’équilibre nécessaire à la réalisation de l’A154 ?

De nouvelles études sont indispensables, car la viabilité du projet est totalement remise en cause.

Au lieu de faire des motions et réclamer une autoroute, comme un petit enfant réclame son cadeau de Noël, n’est-il pas temps que les collectivités locales précisent combien elles sont en mesure de payer réellement et quels travaux elles sont prêtes à financer pour compenser les inconvénients de l’autoroute ?

Nos élus sont bien ignorants du travail réalisé par les services de l’Etat alors qu’ils prétendent
légiférer et administrer ; il faudrait qu’ils soient de leur temps et cessent de rêver à la France du
XXème siècle : nous sommes au XXIème et au temps de l’urgence climatique et de la raréfaction des énergies fossiles.

De quelle façon veulent-ils (ou pas ?) prendre en compte l’urgence climatique dans ce projet,
urgence climatique qui implique plus de sobriété dans tous les scénarii, qu’ils soient élaborés par RTE, négaWatt ou l’ADEME ?

Nous sommes persuadés que cette autoroute est désormais irréalisable et il serait temps que nos élus locaux examinent de quelle façon nous pourrons remédier, sans autoroute, aux désagréments auxquels l’A154 est censée apporter un remède.

Plus que jamais, notre plan B, MOB 28, est d’actualité ; plus que jamais la réouverture d’une ligne de chemin de fer Chartres-Dreux, et au-delà, Rouen-Orléans, est indispensable.

Nous sommes convaincus que le réalisme finira par l’emporter sur les illusions autoroutières.

SOURCES – Références des rapports :

https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal/delivering-europeangreen-deal_en

https://www.enedis.fr/sites/default/files/documents/pdf/enedis-etude-les-besoins-electriques-dela-mobilite-longue-distance-sur-autoroute.pdf

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20%20Concept%20autoroute%20%C3%A9lectrique.pdf

https://www.ecologie.gouv.fr/lautoroute-electrique

GT1 : Enjeux et stratégie, présidé par Patrick Pélata, ancien DG délégué de Renault (PDF – 23.25 Mo)
GT2 : Solutions techniques, potentialités et verrous, présidé par Stéphane Levesque, directeur de l’URF (PDF – 1.75 Mo)
GT3 : Expérimenter en vraie grandeur, présidé par Marc Gohlke, directeur du pôle CARA (PDF – 452.56 Ko)

Rapport GT1 – Page 44 – Fiche n° 1.1 : Réseau retenu pour les phases 2030 et 2035
Rapport GT1 – Page 45

Vos avis et commentaires...

  1. Les dernières nouvelles sont affligeantes, C’est un retour à la case départ. Conforme à la volonté de nos décideurs (Politiques aveugles, mais imbus) qui depuis des décennies rêvent de cet autoroute. Manque de courage, manque de perspective sur l’avenir. Que d’hypocrisie !
    N’abandonnons pas, quoi qu’il arrive, nous pourrons être fiers de notre combat pour ceux qui viendront après nous.

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